La prise en charge de la maladie

La dépendance à l’alcool est une maladie comme une autre qui se soigne comme les autres

Il faut donc commencer par en parler à son médecin, il n’y a aucune raison d’avoir peur et encore moins d’avoir honte. Il existe deux grands axes possibles de traitement, la réduction de votre consommation ou le sevrage, il faut trouver celle qui vous convient le mieux.

Schéma décrivant les trois solutions pour devenir abstinent à l'alcool

SFA : Recommandation de bonne pratique. Alcoologie et addictologie 2015 ; 37(1) : 5-84.

L'offre d'accompagnement et de soin

Qu’est ce que le soin ?

Accompagner et soigner une personne ayant développé un trouble lié à l’usage, c’est la soutenir et l’aider à :

  • comprendre et soulager son mal-être sousjacent.
  • contrôler sa consommation pour en réduire les dommages et, si possible, arrêter sa consommation* et maintenir son abstinence.

* L’arrêt de la consommation (ou « sevrage ») peut parfois entraîner des symptômes de « manque » plus ou moins pénibles et durables. Dans certains cas (alcool, opiacés…), le sevrage est médicalisé selon des protocoles précis.

C’est lui proposer différentes modalités de soin
adaptées à sa situation :

Une prise en charge psychologique : plusieurs types de psychothérapies existent. Certaines vont aider la personne à comprendre d’où vient le malaise qui l’a conduit à consommer des substances ; d’autres visent à identifier les comportements qui ont favorisé l’émergence du trouble lié à l’usage et à mettre en place des stratégies pour ne pas les reproduire ; d’autres enfin vont l’aider à lutter contre le « craving » (désir fort, pulsion à consommer la substance).

Des traitements médicamenteux : certains sont validés, d’autres sont encore expérimentaux, mais aucun ne résout les problèmes de l’usager à lui seul.

Un accompagnement social et des aides à l’insertion professionnelle.

À qui s'adresser ?

Être soigné : où et par qui ?

Le système français d’accompagnement et de soin en addictologie prend en charge tous les types de troubles liés à l’usage, quelle que soit la substance ou le comportement addictif. Il promeut une approche globale de la personne et assure une continuité de services, de la prévention aux traitements complexes, en passant par l’intervention précoce et la réduction des risques. Il s’appuie sur la coopération de différents types
d’acteurs répartis sur l’ensemble du territoire permettant de répondre de façon adaptée aux besoins des personnes.

Centres d’aide et d’accompagnement
Trouver de l’aide près de chez soi :

01

Les professionnels et structures de premier et deuxième recours, en ville ou à l’hôpital

Ils proposent des soins sans hébergement (la personne rentre chez elle le soir). Ils assurent l’accueil, l’évaluation de la situation de la personne, la mise en place des soins et de leur suivi, et si besoin l’orientation vers d’autres structures ou professionnels.

Les médecins généralistes et les pharmaciens sont souvent les premiers interlocuteurs que l’on consulte en cas de difficulté (pour soi ou un proche) ou lorsqu’on ne connaît pas les structures spécialisées. Ils peuvent intervenir dans le repérage, l’évaluation et le traitement d’un trouble lié à l’usage. Ils peuvent orienter et collaborer avec les professionnels des structures spécialisées.

Les psychiatres et les psychologues peuvent
aussi intervenir dans le repérage, l’évaluation et le traitement d’un trouble. Ils peuvent également collaborer avec les structures les plus adaptées à la situation.

02

Les structures de soins résidentiels

Ces centres thérapeutiques résidentiels, communautés thérapeutiques… prennent en charge, pour des séjours de durée variable, des usagers qui ont besoin d’un cadre de soin plus permanent et plus « protecteur ».

Installés en ville ou dans l’enceinte d’un hôpital, ces centres accueillent gratuitement et de manière confidentielle toute personne souffrant d’un trouble lié à l’usage d’une substance ou d’un addictif. Ils proposent : de l’information, une évaluation médicale, psychologique et sociale ; des conseils et des outils de prévention ; une aide à la réduction des risques, des dépistages (VIH sida, hépatites) ; un suivi médical, psychologique, social et éducatif (diagnostic, sevrage, prescription et suivi de traitements psychothérapeutiques et médicamenteux, accès aux droits sociaux, aide à la réinsertion…). Ces centres peuvent proposer un accompagnement dans la durée.

03

Les structures de soins hospitaliers

Services d’addictologie, services de soins de suite et de réadaptation, ils s’adressent aux personnes qui ont des troubles associés (physiques ou psychologiques) et qui ont besoin d’une surveillance médicale.

Il existe des consultations spécialisées en addictologie dans tous les hôpitaux dotés d’un service d’urgence.
Elles peuvent proposer des séjours pour soins plus ou moins complexes.

Vraies et fausses idées sur la dépendance à l'alcool

Faux

il est inutile de parler à son médecin de son problème avec l’alcool si l’on n’est pas suffisamment motivé pour changer ses habitudes de consommation

La majorité des patients dépendants à l’alcool vus dans les cabinets médicaux ne sont pas prêts à arrêter de boire (9) ! Les médecins savent que la décision d’un changement d’habitude vis-à-vis de l’alcool est un cheminement parfois long, bien différent d’un processus ponctuel (9). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains patients dépendants de l’alcool peuvent refuser une démarche de prise en charge lorsqu’elle leur est proposée pour la première fois alors qu’ils l’accepteront par la suite, ou que d’autres patients, déjà pris en charge, vont se décourager à certains moments de leur parcours pour reprendre confiance ensuite ! Dans ce contexte, l’objectif du dialogue avec le médecin est d’aider la personne dépendante à l’alcool à se sentir prête à changer ses habitudes vis-à-vis de l’alcool et à le faire de façon durable (9, 10). Lors de cette démarche, pas question de faire la morale ou de fixer des objectifs impossibles à atteindre. Il s’agit au contraire d’aider le patient à trouver ses propres idées et ses propres ressources pour changer de comportement (9, 10).

9. Daeppen JB, Berdoz D. Comment motiver un patient pour qu’il arrête de boire. Rev Prat 2006;56:1088-92.
10. Lécallier D. Entretien motivationnel chez l’alcoolodépendant. Rev Prat Med Gen 2013;27:164-5.

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